L'homme d'affaire français Vincent Bolloré mis en examen

L'homme d'affaire français Vincent Bolloré mis en examen

Quelques jours après avoir passé le temoin à son fils Yannick, l’industriel francais Vincent Bolloré est entendu dans une enquête sur des soupçons de corruption autour de l’attribution de concessions portuaires à son groupe, au Togo et en Guinée. Le cours son action chute et son groupe réagit à travers un communiqué de presse. Ce mercredi, il est mise en examen.

Le milliardaire breton, qui a créé la surprise il y a quelques jours en renonçant à la présidence du conseil de Vivendi, est auditionné depuis ce mardi 24 avril au matin à Nanterre (Hauts-de-Seine) par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Il a été placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte notamment pour « corruption d’agents publics étrangers » et portant sur les conditions d’obtention en 2010 de deux des seize terminaux à conteneurs opérés par le groupe Bolloré sur le continent africain, l’un à Lomé, au Togo, l’autre à Conakry, en Guinée. Dès l’annonce de cette garde à vue, l'action du groupe Bolloré amorçait un plongeon dès 11 heures puis continuait à dégringoler jusqu'à environ -8% pour revenir vers 15 heures à -5,33%, à 4,23 euros.

Réagissant à cela, le Groupe réagit à travers un communiqué de presse diffusé ce mardi 24 avril. La justice soupçonne des dirigeants de sa filiale SDV Afrique d'avoir utilisé le groupe de communication Havas, alors contrôlé par le groupe de Vincent Bolloré, pour faciliter l'arrivée au pouvoir de dirigeants africains afin d'obtenir en contrepartie des concessions portuaires en Guinée et au Togo. « Une  filiale  du  Groupe  Bolloré  est  l’objet  d’une  enquête  relative  à  des  facturations  de   prestations de communication en Guinée et au Togo portant sur les années 2009 et 2010, à la suite d’une plainte d’un ancien collaborateur condamné pour détournement d’actifs à 3 ans et  9 mois d’emprisonnement ferme et  environ 10 millions d’euros de dommages et intérêts », note-ton dans le communiqué. « Le Groupe Bolloré dément formellement que sa filiale de l’époque SDV Afrique ait commis des  irrégularités.  Les  prestations  relatives  à  ces  facturations  ont  été  réalisées  en  toute  transparence.  L’audition  de  ses  dirigeants  permettra  d’éclairer  utilement  la  justice  sur  ces  questions qui ont fait l’objet d’une expertise indépendante qui a conclu à la parfaite régularité des opérations ». Et au groupe de préciser qu'il n'a jamais rien acquis de façon douteuses, mais que ses compétences entre autres ont toujours été l'argument de taille et l'élément de compétitivité  pour remporter de marchés. “Face à une concurrence forte, c’est l’expertise reconnue du groupe, ses capacités financières, son réseau industriel, son expertise portuaire depuis plus de 30 ans, les investissements qu’il réalise  sur  le  continent  africain  (plus  de  2  milliards  d’euros  sur  les  8  dernières  années  dont  360 millions pour la seule année 2017) qui lui permettent de se voir attribuer des concessions portuaires.Les  concessions  obtenues  au  Togo  l’ont  été  en  2001,  bien  avant  l’entrée  du  groupe  dans  Havas  et en  Guinée,  en  2011,  à  la  suite  de  la  défaillance  du  n°1 (le Groupe  étant  arrivé  en seconde position à cet appel d’offres), défaillance constatée avant l’élection du Président”, relève le communiqué. “Le lien qui tente d’être fait par certains entre l’obtention de ces concessions et les opérations de communication  est  dénué  de  tout  fondement  économique  et  révèle  une  méconnaissance  lourde de ce secteur industriel.Les dirigeants  du Groupe  Bolloré  sont  heureux de  coopérer  pleinement  avec  la  justice  pour  rétablir la réalité des faits", poursuit le communiqué. Reste maintenant à convaincre les juges français.

Le Groupe  Bolloré,  créé  il  y  a  195  ans,  fait  partie  des  200  premiers  groupes  mondiaux et emploie 80 000 personnes.  A suivre